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97 - Où peut-on voir des représentations de l’Ankou ?

fr - Ethnologie 

Attention : pas de lieux

Daniel GIRAUDON
Daniel Giraudon, natif de Binic (22), gallèsant et bretonnant, est professeur des universités (émérite) à l’Université de Bretagne Occidentale (UBO) et chercheur au Centre de Recherche Bretonne et Celtique (CRBC) de Brest. Docteur en ethnologie, il est l’auteur de nombreux ouvrages relatifs aux traditions populaires dont il a collecté la matière dans la mémoire des anciens. Il a obtenu en 2012 le prix Claude Seignolle pour son livre au sujet des croyances et légendes de la mort en Bretagne et pays celtiques, Sur les chemins de l’Ankou.

Attention : pas d'illustration principale

Note : pas de chapeau



291 -
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La personnification de la Mort et ses représentations ne sont pas propres à la Bretagne mais quand on parle d’Ankou, on est évidemment en pays bretonnant. C’est dans le cadre des édifices religieux qu’on la trouve. Ce sont d’une part des sculptures en granite à Noyal-Pontivy (XVe), Bulat-Pestivien (1552), Landivisiau (1585), Cléden-Poher (XVIe), Brasparts (XVIe), Lannédern (XVIe), La Martyre (1619), Ploudiry (1635) ou encore à La Roche-Maurice (1639), D’autre part, on peut voir deux belles statues de l’Ankou en bois datées du XVIIe siècle, le premier, dans l’église de Ploumilliau et le second, au musée des Jacobins à Morlaix.

Par ailleurs, on remarque encore l’Ankou, à la fois dans les danses macabres peintes à l’intérieur des chapelles de Kermaria-an-Isquit à Plouha (1450-1460) et de Kernascleden (v. 1464), cette dernière hélas très dégradée. La chaîne de danseurs représente la société selon le rang social de chacun : empereur, cardinal, roi, duc, évêque, chevalier, marchand, paysan... Chaque humain est entraîné dans la sarabande par un squelette.

Enfin, en Haute-Bretagne où la Mort personnifiée est rarement représentée, on notera une sculpture sur les sablières du porche de l’église de Saint-Georges-de-Chesné (XVIe) et une peinture sur les lambris du porche de l’église de Saint-Hervé (XVIIe). La première est armée d’une longue flèche, la seconde drapée dans un suaire avec cette inscription en latin : nemini parco, je n’épargne personne.


192 - Danse macabre de Kermaria-an-Isquit, Plouha. En tête de la longue chaîne de la danse macabre, on remarque un ankou fossoyeur portant une houe sur l’épaule. - Photo Daniel Giraudon