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6060 - [BR]Naufrage de l'Erika

br - Istor 

Attention : pas de lieux

Tudi KERNALEGENN
Docteur en sciences politiques.

Attention : pas d'illustration principale



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16863 - [BR]
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[BR] La Neustrie est le nom d’un royaume franc qui couvrait le nord-ouest des territoires dominés par les Francs. À l’époque mérovingienne, sa frontière sud était la Loire et sa frontière nord-est l’Escaut ou la Somme. Les pays de Nantes, de Rennes et de Vannes en faisaient partie.
La Neustrie est l’héritière de l’ancien royaume gallo-romain de Syagrius, conquis par Clovis en 486. En 561, à la mort de son fils Clotaire Ier, lors du partage du Regnum Francorum entre ses quatre fils, Chilpéric Ier hérite d’un territoire qui prend le nom de Neustrie. Les trois autres grands royaumes sont l’Austrasie, au nord-est, la Bourgogne, au sud-est, et l’Aquitaine, au sud-ouest. L’opposition se cristallise surtout entre la Neustrie et l’Austrasie. Plusieurs rois, parmi lesquels Clotaire II ou Thierry III, règnent sur la Neustrie, mais à la fin du VIIe siècle les Austrasiens prennent l’ascendant.
À l’époque carolingienne, la Neustrie n’est plus un royaume, mais la dénomination demeure, réduite toutefois au territoire entre Seine et Loire. Au VIIIe siècle, une marche de Bretagne est mise en place à l’ouest de la Neustrie pour contenir les Bretons, après que Pépin le Bref a conquis Vannes en 753. Le préfet de la marche (ou marquis) de Bretagne le plus connu est Roland, mais elle fut surtout dominée par la famille franque des Widonides, comtes de Nantes.
Au cours de la deuxième moitié du IXe siècle, les Bretons conquièrent une bonne partie de l’ouest de la Neustrie. Les Scandinaves quant à eux s’installent au nord de la Neustrie, dans ce qui deviendra la Normandie. Cette double pression oblige les rois Francs à créer deux marches de Neustrie, contre les Normands et contre les Bretons. Le dernier titulaire de la marche contre les Normands, Bérenger, serait le grand-père de Juhel Bérenger, comte de Rennes et soutien d’Alain Barbetorte dans la reconquête de la Bretagne. La marche neustrienne contre les Bretons fut dominée par les Robertiens, ancêtres des Capétiens.

16864 - [BR]
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[BR] L’Erika, pétrolier affrété par la société Total, fait naufrage le 12 décembre 1999 au large de la Bretagne. Il transporte 31 000 tonnes de fuel lourd. Le 23 décembre, les premières nappes atteignent la côte bigoudène puis touchent, au fil des jours, toute la côte allant du Finistère à la Charente-Maritime. Pour lutter contre la pollution, les autorités décident de pomper la cargaison. Si le pompage commence en décembre 1999, il ne peut être conclu qu’au cours de l’été 2000.
Dès la fin décembre 1999 les bénévoles s’organisent pour nettoyer les plages et sauver les oiseaux qui peuvent l’être – le nombre d’oiseaux morts est estimé à plus de 150 000. Des collectifs plus contestataires s’organisent aussi dans de nombreuses villes (Quimper, Lorient, Vannes, Nantes, etc.), regroupant aussi bien des partis politiques, des syndicats que des associations environnementalistes. Ces collectifs se structurent rapidement en une Coordination marée noire, qui organise plusieurs actions et manifestations. La manifestation du 5 février 2000 à Nantes réunit ainsi entre 20 et 40 000 personnes.
Après sept ans d’enquête, le procès de l’Erika a lieu du 12 février au 13 juin 2007. Le 16 janvier 2008, le tribunal correctionnel de Paris reconnaît le groupe Total, l’armateur Giuseppe Savarese, le gestionnaire Antonio Pollara et l’organisme de certification du navire, Rina, coupables du délit de pollution maritime, les condamnant à verser solidairement 192 millions d’euros de dommages et intérêts aux parties civiles (État, collectivités locales, associations de protection de l’environnement). Le jugement reconnaît pour la première fois le préjudice écologique. Cette condamnation est confirmée par la cour d’appel de Paris le 20 mars 2010, puis validée par la Cour de cassation le 25 septembre 2012.


BIBLIOGRAPHIE

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