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4979 - [BR]Les noms en « Plou- » et « Gui- »

br - Yezhoù 

Attention : pas de lieux

Jean-Yves LE MOING
Jean-Yves Le Moing a eu une carrière d'ingénieur au centre de recherche des télécommunications de Lannion ; il a aussi fait un travail de recherche sur les noms de lieux bretons de Haute-Bretagne sous la direction de Léon Fleuriot et soutenu sa thèse de doctorat en Etudes Celtiques en 1988. Son travail de thèse a été publié par Coop Breizh ("Les noms de lieux bretons de Haute-Bretagne", 1990) ; il est aussi l'auteur du livre "Noms de lieux de Bretagne" aux éditions Bonneton, 2007).

Attention : pas d'illustration principale



[BR]Le préfixe « Plou- » et ses variantes « Plé-, Plu-, Plo-, Pleu-... », entre dans la formation des noms de plus de 150 communes de Bretagne. Leur répartition est inégale, nombreux sur la côte nord et à l’ouest de Quimper, ils se font de plus en plus rares vers l’est et le sud.


13819 - [BR]
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[BR] 75 % des noms en « Plou- » sont construits avec un nom de personne, assimilé par la suite au saint fondateur de la paroisse. Les autres sont construits avec des noms communs, comme moguer, mur, ruine (Ploumoguer), castel, château (Pléchâtel, Plougastel), ou un adjectif, bihan, petit (Pleubihan), nevez, nouveau (Plounevez).

Ce préfixe est issu du bas-latin plebs qui désigne la communauté de fidèles fréquentant un même lieu de culte. Plebs est encore en usage dans les textes au IXe siècle pour désigner telle ou telle paroisse, sans que celle-ci agglutine pour autant le mot dans son nom par la suite. Par exemple Plebs Coms deviendra Bourg-des-Comptes ou Plebs UUern deviendra Guer à partir du XIe siècle, lorsque les noms se figent.

Ces paroisses en « Plou- », distantes d’environ 10 km les unes des autres, constituent un réseau régulier de paroisses « primitives ». Elles sont nettement individualisées dans le Léon par le relief de plateau entrecoupé de petits fleuves côtiers, comme l’a mis en évidence René Largillière.

Plusieurs hypothèses ont été proposées pour expliquer cette originalité bretonne, que l’on retrouve aussi dans les pièves de l’Italie du Nord. On associe aujourd’hui ces noms à l’encadrement religieux des populations rurales, en Occident au début du Moyen Âge, par des groupes de clercs établis dans les vici sous la direction d’un prêtre. Le terme vicus (pluriel vici) désigne alors une église fondée par l’évêque dans un lieu central pour la communauté, qu’il s’agisse d’une agglomération rurale ou non.
Le latin vicus, emprunté en vieux breton sous la forme guic, est entré dans la composition de certains noms de lieux comme Guipavas, Guimaëc, etc. L’association de ces deux termes a survécu dans l’alternance Plou-/Gui- connue dans le Léon (Finistère nord), dont Ploudalmezeau ou Plougar, Guitalmeze et Gwikar en breton, gardent la trace.



BIBLIOGRAPHIE

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