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11 - Émile Masson, un pacifiste breton en 1914

fr - Histoire 

Attention : pas de lieux

Marielle et Jean-Didier GIRAUD
Marielle et Jean-Didier Giraud, historiens, travaillent sur le mouvement social et ouvrier et les mouvements pacifistes de la fin du XIXème siècle. Biographes d’Émile et Elsie Masson, ils ont publié notamment « Émile Masson, professeur de liberté » aux éditions Canope (1991), et coordonné les Actes du colloque « Émile Masson, prophète et rebelle » publié aux Presses Universitaires de Rennes (2005).



26 - Émile Masson - Wikimedia


Début août 1914, Émile Masson, professeur à Pontivy, écrivain, philosophe et intellectuel engagé depuis l’Affaire Dreyfus, est plongé dans la préparation du n°20 de BRUG, sa revue bilingue et révolutionnaire adressée aux paysans bretons.


38 - Petite biographie
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La guerre interrompt la publication et décime l’équipe de rédacteurs de BRUG.

Émile Masson, bouleversé par les massacres quotidiens, ne supporte pas la propagande patriotique de l’Union sacrée, l’appel incessant à la haine de l’ennemi. Antimilitariste et non-violent, il refuse l’idée de porter un fusil. Réformé pour raisons de santé, il va mettre toute son énergie à résister à la guerre.

Les pacifistes sont une poignée. Ils sont accusés de « défaitisme », qualifiés de lâches et de traîtres envers la patrie, surveillés, poursuivis et parfois condamnés.

Malgré la censure, Émile Masson, isolé à Pontivy, correspond avec Romain Rolland et les rares opposants à la guerre. Avec son épouse Elsie Masson, il participe à toutes les petites revues pacifistes qui bravent la répression. En janvier 1916, son Appel à la Paix, distribué clandestinement, s’achève par « Que maudite soit la guerre ! ».

Dans ses écrits des années de guerre, il prône l’objection de conscience et la réconciliation européenne. Fidèle à sa lutte pour l’éducation populaire, Émile Masson affirme : « Il est plus difficile d’élever un homme que d’en tuer dix ». Son « Utopie des Îles bienheureuses dans le Pacifique » imagine une société où la guerre a disparu grâce à l’éducation des enfants à la non-violence.